Koyo : poésie d’une chasse à l’éphémère

by Camille Delbos
À l’heure où les nuances automnales colorent déjà l’Europe, un évènement tout particulier est attendu au Japon : kōyō. De tous âges, en famille, entre amis et collègues, les japonais profitent de cette occasion pour s’adonner durant quelques jours à une chasse de l’éphémère et du beau.

 

Si au printemps l’éclosion des fleurs de cerisier (sakura) n’échappe pas au tourisme international, momijigari (litt. chasse aux feuilles rouge) constitue le second rendez-vous majeur pour observer la nature. D’une durée plus longue que son alter égo printanier, kōyō (litt. feuille rouge) s’étend de mi septembre à début décembre, évoluant graduellement sur l’ensemble de l’archipel.

D’origine aristocratique, la contemplation du changement de couleur des feuillages s’inscrit dans la tradition dès l’ère Heian et se démocratise à l’époque Edo. Bien que présent sur tout le territoire, c’est à Kyoto, ancienne capitale impériale du Japon, que la fréquentation est la plus forte. La ville aux mille temples et sanctuaires regorge de jardins, accueillant ainsi des milliers de chasseurs en quête de nature poétique. Les collines environnantes n’en sont pas en reste, et sont propice aux bains de forêt par des excursions déroulant un tapis de feuilles au panel de couleurs spectaculaire.
Les plus avertis sauront réserver leur place en amont pour pouvoir effectuer une balade nocturne dans les jardins, où la nature sera mise en valeur par des éclairages finement positionnés.

 

Bien que grands travailleurs, les Japonais accordent une grande importance à ce loisir prisé et prennent quelques jours de congés pour s’accorder du temps à la contemplation du temps qui passe. Dans ce contexte, ces chasseurs un peu particulier se réfèrent à des cartes interactives et bulletins météo (kōyō zensen), leur indiquant le stade réel de coloration des feuilles dans l’archipel, pour être sûr d’arriver au meilleur moment.

Nombreux sont ceux qui profiterons de l’occasion pour revêtir l’habit traditionnel aux couleurs de l’automne. L’événement est d’une telle ampleur que les hôtels sont pris d’assaut, les magasins se mettent aux couleurs de l’automne et la feuille de l’érable du Japon, devenu symbole de cette tradition populaire, se voit décliné sur les produits de consommation.

Si le mélèze, l’hêtre, le sorbier ou le bouleau participent pleinement aux nuances chatoyantes de cette saison, c’est plus particulièrement la gamme du pourpre orangé de l’érable du Japon, et les couleurs ambres, vertes et or du ginkgo qui sont les plus prisées.

Cette facette de la tradition Japonaise (nous) questionne sur les occasions de se réunir pour observer la nature, de ralentir, de prendre le temps, de se reconnecter, d’observer et de se rappeler que la vie est éphémère.

Camille Delbos

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